La crise de 2008 a inspiré de nombreux films et séries télévisées. Quelle est la particularité de Devils ?
Devils parle des conséquences de cette crise et c'est la première fois que c’est abordé en profondeur. La particularité réside précisément dans l'imbrication de la fiction et de la réalité, racontée à travers des extraits des journaux d’informations et des images de l'histoire insérées entre les scènes pour souligner la véracité de ce qui est raconté. Devils est une série très particulière, car elle parvient à contenir des aspects de genres très différents sans jamais abandonner une unité narrative forte et cohérente. C'est un thriller financier et politique passionnant, qui devient parfois une histoire d'amour et d'amitié poignante, puis se transforme en finance, impliquant le téléspectateur dans des dynamiques hors du commun, pour le ramener dans les méandres de la relation père-fils de Dominic et Massimo, qui fera alors un défi à la mort. En attendant, le téléspectateur découvre quelques vérités sur Kadhafi, sur l'arrestation de Strauss Khan ou sur l'origine du terrible nom de PIIGS qui était attaché à certains pays d'Europe du Sud lors de la crise de 2010-2011. A la fin de la série, le téléspectateur sera libre de choisir sa vérité et en cela, cette série essaie vraiment d’amener le téléspectateur à se faire sa propre idée, non pas pour juger l'histoire mais pour le laisser libre. Le système politique et économique mondial a ses mécanismes, ses statuts, sont-ils justes, équitables ? Et dans ce que les dérives populistes de ces années suggèrent, y a-t-il du bon ou du mauvais ? C'est à vous de décider.
Comment ça s'est passé avec Patrick Dempsey ?
Patrick, dès le premier jour de son arrivée à Rome, avant même qu'il n'arrive sur le plateau, était déjà parfaitement dans son personnage. Une grande interprétation laisse toujours beaucoup de place à l'interprétation du public. Dominic Morgan est un homme impénétrable et Patrick lui a donné une telle force qu’il a permis à son personnage de dépasser le concept d’antagoniste pour le rendre manipulateur et je dirais même emphatique. Je ne veux pas donner de spoilers ! Et je m'arrête là... C'est un rôle que seul un acteur qui a vraiment pris conscience de lui-même et de son personnage, un perfectionniste, un acteur mature qui, avec ce rôle, ouvre une nouvelle phase de sa carrière. source