La série Devils est l'une des séries les plus sexy de la pandémie. Il s'agit d'un thriller financier qui explore le fonctionnement parfois notoire d'une banque internationale et met en scène Alessandro Borghi dans le rôle de Massimo Ruggero. Cependant, la première voix que le public entend dans la série est celle de Patrick Dempsey, qui est un peu un joker dans le rôle de Dominic Morgan, car le public tente souvent de déterminer si on peut lui faire confiance ou non. Au téléphone depuis Los Angeles, l'affable Patrick Dempsey ne manque pas de renforcer le suspense. La série est enfin disponible pour le public nord-américain sur la CW et W Network, et ça va prendre un temps fou pour que les téléspectateurs comprennent les intentions de Dominic.
Ce qui suit est une version condensée et éditée d'une discussion approfondie avec Patrick Dempsey.
Qu'est-ce que cette année a signifié pour vous tant sur le plan personnel que professionnel ?
Ouah, c'est une question importante pour commencer. Comment parler de ça en une seule séance ? [rires] L'année a commencé tristement avec le décès de Kobe (Bryant). C'est ce qui a donné le ton pour 2020 et bien sûr, le COVID et tout ce qui s'est passé, une année d'élections ici. C'est un nuage noir pour tout le monde et il faut essayer de garder une attitude positive au quotidien et d’être discipliné tout du long, c'est vraiment un défi. Ce qui est bien, c'est qu’on passe beaucoup plus de temps en famille et qu’on n’est pas sur la route, alors les relations deviennent plus profondes, ce qui est formidable. Bien sûr, c’est difficile avec une fille adolescente qui a reçu son diplôme cette année et c’est dur pour toute cette génération qui passe par ces rites de passage, mais je pense que les gens se rassemblent. Ils sont divisés évidemment, mais je pense qu'à la fin... on regarde l'histoire et on voit à quel point les temps ont changé. La seule chose sur laquelle on peut compter dans la vie, c'est le changement, et on traversera cette épreuve et on ira de l'avant. J'espère que ce ne sera pas trop destructeur, le temps qu’on passe de l'autre côté.
On a reçu une tonne de commentaires extraordinaires pour la série Devils. La mère de mon patron et ses amis en particulier sont obsédés par cette série. Que pensez-vous des réactions des fans par rapport à votre travail et à cette série en particulier ?
Eh bien, c'est agréable à entendre. C'est difficile de dire comment les gens perçoivent la série parce que je suis confiné. Je sais que cela se passe incroyablement bien en Europe. C'est vraiment énorme à Rome et la série est diffusée dans le monde entier. C'est toujours agréable d’être reconnu, de savoir que vous faites quelque chose que les gens aiment et avec laquelle ils ont un lien. Devils est différent de tout ce que j'ai fait dans le passé et c’est ce qui me plait. Il faut continuer à se motiver, à se remettre en question. J'ai vraiment aimé travailler en Europe, j'ai maintenant fait quelques projets avec des réalisateurs européens et c'est génial. On peut vivre dans un autre pays, on peut y travailler, on peut comprendre ce qui s’y passe socialement, économiquement, émotionnellement et cela contribue à éclairer votre vision et votre point de vue en tant qu'artiste et cela vous aide à mûrir en tant que personne. Je pense que cette série me donne l'occasion de continuer à évoluer, donc si les gens aiment mon travail, cela me donne l'occasion de travailler davantage et je leur en suis reconnaissant. Quand j'ai commencé, je quittais une petite ville du Maine et maintenant, j'ai 30 ans de carrière. Je voulais être un acteur qui travaille et je suis toujours reconnaissant de pouvoir le faire.
Vous avez mentionné que Dominic ne ressemblait à aucun autre personnage que vous avez interprété auparavant. Plus précisément, en quoi le considérez-vous comme différent de vos autres personnages ?
Je crois que je suis connu pour avoir fait beaucoup de comédies romantiques. Certainement pour avoir joué un archétype qui est un héros romantique. On joue ce personnage plus comme l'amant, plus comme le premier rôle romantique, et le rôle de Dominic est quelque chose qu’on ne connait pas ! C'est ce qui m'a séduit. J'ai cherché quelque chose comme ça : beaucoup plus sombre, moins évident, on ne sait pas qui il est ni quelles sont ses motivations. Au fil du temps, on le découvre. Ce qui m'a fasciné, c'est que je n'ai connu la fin de cette série qu'après environ quatre semaines de tournage. [rires] Puis, quand j'ai découvert certains moments clés, c'était vraiment, vraiment fascinant pour moi de comprendre comment faire les ajustements nécessaires pour que ça marche. Je pense que le fait de ne pas savoir m'a peut-être aidé à jouer une attitude neutre qui a conduit le public à penser : "Attendez, est-ce qu’il est bon ou mauvais ?" Je pense que c'est une question importante qui reste sans réponse un certain temps. Vous ne savez pas qui fait quoi et pourquoi.
Vous avez une dynamique intéressante avec votre partenaire Alessandro Borghi. Qu'avez-vous apprécié le plus dans le fait de travailler avec lui ?
Ça a été incroyable de travailler avec lui. J’ai une confiance absolue en lui et on a eu un lien immédiat. Et j’ai énormément de respect pour lui, parce qu’il a relevé le défi de jouer un personnage dans une autre langue que la sienne, et pour la façon dont il se concentrait sur ce rôle et son professionnalisme, vraiment, j’ai eu énormément de respect pour lui. Sa chaleur et son émotion sont vraiment contagieuses. C'était vraiment bien et on n’a pas fait beaucoup de répétitions, on n’a pas beaucoup parlé, on s’est vraiment concentré sur ce qui se passait devant la caméra, puis après, on jouait la scène. Ça a été très amusant de travailler avec lui.
Dans cette série, le costume que vous portez et votre façon de vous tenir debout et de marcher sont très efficaces. Qu’est-ce qui vous guide lorsque vous jouez Dominic ?
L'ordre est très important pour Dominic. Tout a une place et doit être à cette place. Il faut que cela reste ainsi. Pour lui, le chaos est son pire cauchemar. Il fallait que cela se reflète dans la façon dont il se présentait et j'étais très exigeant sur l'aspect de ses costumes, de sa coiffure, ses manières. Le contrôle était très important.
Vous avez dit que vous étiez particulièrement intéressé par les rôles que vous envisagiez de jouer et vous avez décrit ce qui vous a intéressé dans ce scénario sans savoir ce qui allait suivre. Qu’a signifié pour vous la découverte de ce projet ?
Ça a été vraiment passionnant. Au début, j'étais nerveux parce que c'était un personnage que je n'avais jamais joué auparavant, dans un tout nouveau monde. Travailler en Italie c’est différent que de travailler en Amérique. Travailler à Londres, c’est différent que de travailler en Italie. Pouvoir m'adapter a été excitant pour moi, c'était un nouveau défi. J'ai également passé du temps avec Guido Maria Brera, l'écrivain, ça a été très instructif et le fait de pouvoir explorer le monde de la finance, ce que les gens pensent et ce qu'ils font, m'a également fasciné. Tout cela m'a inspiré et m'a enthousiasmé.
Quel effet cela fait de jouer dans une série comme celle-ci, qui a son propre style ?
Quand j'ai vu le montage pour la première fois, car je suis arrivé probablement un mois après le début de la production, ils avaient tourné beaucoup de scènes d'intérieur avec Alessandro et j'ai pu voir... Nick (Hurran, un des 2 réalisateurs) a agi très intelligemment en montrant à l'équipe et aux acteurs ce qu’ils avaient fait jusqu'alors. Et cela a vraiment motivé les gens parce que nous n'avions aucune idée de ce à quoi cela allait ressembler. Une fois que nous avons vu ce qu'ils faisaient avec l'approche visuelle, c'était incroyablement inspirant. Parce que, à ce stade, ça transcende tout, car on a une idée de ce qui est écrit quand on lit le scénario. Mais ensuite, quand on commence à voir ce qu’on a tourné, ça se révèle avec la musique et avec le montage. Même dans sa forme la plus brute, tout le monde était... il y a eu un moment de silence et tout le monde a regardé autour de soi en disant : "Oh, on a quelque chose de spécial ici. Mettons-nous au travail".
Vous avez travaillé pendant un certain temps dans différents médias. Qu'apportez-vous à cette série sur base de vos projets précédents ?
Eh bien, quand vous travaillez en Europe, bien entendu, vous apportez la notoriété d'une série qui a du succès dans le monde entier, ce qui excite les gens, et vous voulez garder cette excitation et faire en sorte qu’elle reste très positive, vous voulez collaborer et rester humble dans le travail. Alors, c'est vraiment amusant. Parce que c'est un travail d'équipe et que vous avez les gens qui sont devant la caméra et puis, vous avez l'équipe derrière la caméra et tout le monde doit travailler ensemble avec une vision unique des choses. Quand c'est émouvant et qu’il y a une harmonie, il n'y a rien de plus excitant et de plus agréable. C'est ce qu’on a eu. On a eu ça du début à la fin. Ça a été vraiment agréable.
Cette série semble vraiment bien adaptée au binge watching des épisodes car elle est très captivante. Selon vous, quelles seront les tendances futures de la télévision et avez-vous le sentiment que cette série montre la voie ?
Le streaming et le stacking (possibilité de voir l'ensemble des épisodes d'une série en cours de diffusion), ou ce qu'ils appellent le stacking, c'est le binge-watching, c'est ce qui se passe en ce moment. Nous avons évidemment la technologie nécessaire. On recommence enfin à produire, je sais que la société de production de Devils se prépare pour la saison 2, ils sont sur le point de commencer en Italie. Je pense que désormais on regarde ce qu’on veut à la maison, on ne va plus autant dans les salles de cinéma et on obtient nos informations à la demande. C'est quand on veut et ce qu’on veut. En ce moment, c'est certainement une période passionnante pour la télévision et l'industrie du divertissement. Mais la question est toujours là : "Qu'est-ce qu'une bonne histoire ?" Il faut toujours trouver des histoires qui sont convaincantes. Ensuite, une fois ces histoires trouvées, parce qu'il y en a beaucoup et qu'il y a tellement de streaming, c’est intéressant de voir ce qui va émerger. Pendant cette pandémie, bien entendu, on a vu la domination de Netflix. En allant de l'avant, ils ont vraiment montré la voie.
Quelles sont les dernières nouvelles de votre série Ways & Means, qui devait commencer cette année sur CBS ?
On est en toujours en train de discuter pour savoir ce qu’on va nous faire. On attend les élections pour pouvoir réécrire et redécouvrir l'histoire car on n’a aucune idée de ce que le paysage politique va être. Il y a certaines hypothèses, mais ça peut ne pas se produire. Dès qu’on saura ce qui se passe lors de l'élection, on va se dire : "Ok, à quoi va ressembler le monde politique en 2021 ?" Ensuite, "qui est le leader ?" On attend tout ça, mais ça va être amusant, ça va être un défi. Comment faire en sorte qu’une série politique en 2021 soit convaincante et intéressante ? Quel sera le paysage politique ? On ne sait pas. Ce sont des choses pour lesquelles on doit attendre de voir.
Qu'est-ce que cela a représenté pour vous d'adapter le travail que vous faites au Dempsey Center aux temps qui changent ?
Cela a certainement été un sauveur pour nous au Centre parce que tout ce que nous faisons est très haut de gamme. On ne traite pas la maladie, on traite la personne. C'est de la médecine holistique, de la médecine intégrative et on a dû se retourner très rapidement pour faire en sorte que tous nos services soient en ligne. Même le Reiki et l'acupuncture, on ne peut pas encore le faire pour l'acupuncture, mais on a appris aux gens à faire du Reiki à la maison et à se soigner eux-mêmes. Nos groupes de soutien sont opérationnels et c'est grâce à la technologie qui est à notre disposition. Certes, les personnes âgées des zones rurales du Maine courent plus de risques, mais on peut désormais les empêcher de se sentir totalement isolées, car on peut les atteindre grâce à la technologie et ils peuvent être entourés par d’autres personnes partageant les mêmes idées et vivant les mêmes difficultés qu'eux. Les groupes de soutien aident vraiment à lutter contre la solitude et l'isolement. On doit être là en chair et en os. L'aspect communautaire nous manque, le contact physique nous manque. Mais au moins, on peut suivre les gens, on peut les regarder et on peut voir où ils en sont sur un plan émotionnel et nous assurer qu'ils vont bien. Tout le reste va soutenir cette démarche. Je pense que si on voit quelque chose doit sortir de cette pandémie, si vous faites tout pour améliorer la vie d’une autre personne, je pense que c'est vraiment ça, la vie. Tout le reste n'est qu'une distraction par rapport à ce qu’on devrait faire. Je pense qu'en tant que société, c'est ce sur quoi on doit se concentrer : l'amour, la compréhension, la patience et la tolérance. Ce sont les choses sur lesquelles on doit vraiment travailler.
Vous avez dit que vous aviez lu les Méditations de Marc-Aurèle. Pensez-vous que le fait de regarder notre passé nous donne des informations sur ce qui se passe maintenant ?
Je pense que vous regardez le stoïcisme en général et, à Rome, j’ai vraiment eu une grande opportunité d'avoir un livre comme les Méditations, me promener et voir la civilisation et son déclin, et ce sont toutes les choses importantes et toutes les choses négatives et où on en est dans le temps. Je pense que beaucoup de ces principes fonctionnent aujourd'hui, et il y a un jeune grand écrivain nommé Ryan Holiday qui fait vraiment un travail formidable avec le stoïcisme. J'ai lu beaucoup de ses écrits et cela m'a été utile. Se mettre à la philosophie et apprendre ce que c’est, je trouve que la façon d'utiliser ces enseignements pour nous aider à surmonter le combat qu’on mène pour le moment nous permet de tirer des leçons très importantes. Tout cela a vraiment commencé avec mon voyage et je suis très reconnaissant d'avoir eu l'occasion d'aller travailler à Rome pour Devils.
Cet esprit d'adaptation s'applique-t-il également à votre travail avec la Dempsey-Proton Racing ?
C'est une question de changement, une prise de conscience brutale de la manière de surmonter les obstacles et d'être conscient de son environnement. En fait, l'accent est mis sur le travail d'équipe et la collaboration. Une grande partie de ce que j'ai appris par le sport et par le sport automobile en particulier, et la compétition à un très haut niveau, est la concentration, le dévouement, le travail d'équipe, le sacrifice et la concentration. Tout cela se prête à améliorer la vie, non seulement sur le plan personnel, pour moi, mais aussi pour ma famille, mes enfants et ensuite dans le travail. Comment développer une équipe ? Comment élaborer une stratégie ? Vous travaillez avec les ingénieurs, il y a un peu de science là-dedans, il y a une certaine approche méthodique. Si vous appliquez cela avec un lien avec votre cœur, je pense alors que la créativité dans la vie est beaucoup plus amusante et a beaucoup plus de sens. source