Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?
Quand j'ai lu le scénario, je n’ai pas arrêté de tourner les pages. J'étais très intrigué, je me demandais "Où cela va-t-il finir ?" J'ai adoré l'aperçu du monde financier et la vision de Guido. C'était fascinant de prendre ce monde financier que nous avons l'habitude de voir du point de vue américain et de le regarder du point de vue européen. Cela donne un sentiment de nouveauté. Et, bien sûr, des réactions que j'ai eues, les gens de la finance aiment vraiment la séie. Il y a de l'authenticité. Le style visuel est vraiment cool, c'est une autre chose qui m'a impressionné. Ils tournaient depuis environ un mois quand je suis arrivé en Europe et ils m'ont montré quelques scènes avec Alessandro et je me suis dit : "Ouah, le look est super". C'était vraiment excitant de se mettre au travail en sachant cela. Et pour être honnête, tourner à Rome et à Londres a eu un grand attrait sur moi.
Pouvez-vous décrire votre personnage, Dominic ?
C’est le PDG de la branche londonienne de la banque New York-Londres. Sa plus grande angoisse est le chaos et tout ce qui est hors de son contrôle.
Quelle est sa relation avec Massimo ?
Ils se connaissent depuis 20 ans ; Massimo était son protégé. C'est une relation très compliquée où il a grandement besoin de Massimo pour garder le contrôle. Et je pense que la vulnérabilité de cette relation est sa faiblesse. Pour Dominic, c'est un véritable amour ; leur relation dépasse les limites professionnelles. C'est une relation père-fils. Donc quand Massimo le laisse tomber, c'est une vraie déception, au point qu'il est capable de montrer de la vulnérabilité. Il y a une histoire d'amour profonde entre ces deux hommes et c'est ce qui rend la trahison si profonde pour eux. Dans cette série, il s’agit notamment de savoir qui trahit qui en premier, et pourquoi. La loyauté est la clé et l'aspect le plus fascinant de Devils.
Comment se passe le mariage de Dominic avec Nina ?
Ils ont perdu leur fils et cela a, à juste titre, déstabilisé leur mariage. Mais ils comprennent l'importance de leur union sur le plan professionnel, et ils essaient de se frayer un chemin dans le monde personnel et professionnel malgré leur chagrin.
Le scénario joue avec les perceptions du public : nous ne savons jamais à qui faire confiance ni qui trahit qui. Est-ce un défi en tant qu'acteur ?
C'est ce qui est amusant. C’est ce qui, en partie, m’a décidé de faire la série, jouer un personnage comme celui-là, et ensuite essayer de trouver un équilibre. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de lire le livre avant la fin du tournage, donc je n'ai pas eu l'avantage de savoir où l'histoire allait. J'ai vraiment dû m'appuyer sur Nick (Hurran, réalisateur) et Guido (Maria Brera, créateur et écrivain) pour me dire ce qui se passe dans l'histoire. Ensuite, à chaque prise, on essayait différentes approches de la lutte pour le pouvoir. C'était donc la partie amusante, essayer de trouver le bon ton et faire confiance aux réalisateurs, écouter leurs réactions et dire "Ok, essayons ça".
Quels sont les enjeux ?
Ils sont élevés : ce qu'ils font dans les banques affecte des nations entières. Et c'est autre chose que j'aime dans la série, qu’elle soit agrémentée d'images d'actualité qui racontent la vraie histoire humaine. À travers l'histoire de Sofia et celle de Massimo, on voit l'effet sur les gens dans la rue lorsque les banques prennent ces énormes paris. Des hommes et des femmes normaux sont touchés. On voit comment la population ouvrière du Royaume-Uni est touchée, comment un petit village de pêcheurs en Italie est touché, la tragédie qui s'ensuit. J'aime cet aspect.
Que saviez-vous déjà de cette période en 2011, et quelles recherches supplémentaires avez-vous effectuées ?
J'ai vraiment eu la chance de passer beaucoup de temps avec Guido qui a été merveilleux. Il a été mon professeur dans le monde de la finance, et dans la vie, vraiment : c'est un philosophe. J'ai donc passé du temps avec lui et j'ai vraiment essayé de comprendre ce qu'il essayait de dire, puis je l'ai aidé à le réaliser. Nous sommes allés à Canary Wharf à Londres, dans la banque où Guido a travaillé. Il nous a fait visiter tous les services, ce qui m'a permis de bien comprendre la banque et ses opérations. Chaque étage représentait un pays différent et un type d'investissement différent, et j'ai vraiment eu une vue d'ensemble du système bancaire. C'était fascinant de le voir personnellement, de sentir l'énergie de l'étage, et aussi de mieux comprendre ce que c'est que d'être un cadre. Ensuite, Guido m’a recommandé différents livres et documentaires. Et nous avons tous reçu une longue liste de vocabulaire.
Est-ce que ça a été difficile de l’apprendre ?
Ça a été amusant. Nous n'avons pas du tout négligé le dialogue, et certainement pas le vocabulaire, c'est pourquoi les personnes qui sont dans le monde de la finance m'appellent pour me dire qu'elles aiment la série, en raison de la perspicacité, de la subtilité et de l'authenticité de ce dialogue.
Que pensez-vous des banquiers que vous avez rencontrés ?
Ils étaient très charmants, très bien habillés, bien éduqués. Il y avait bien sûr une grande diversité de nationalités du monde entier, car ils doivent comprendre et représenter les clients du pays.
Les banquiers n'ont pas été particulièrement populaires depuis le krach de 2008, n'est-ce pas ?
Non, mais je pense que cela dépend de la façon dont ils gèrent le succès et ce qu'ils en font. Vous voyez certaines de ces entreprises vraiment intelligentes qui comprennent l'importance de rendre service aux gens et de soutenir les organisations caritatives locales et les choses qui doivent être financées. Donc, si elles redonnent de l'argent aux gens, je trouve que c'est une bonne chose. Et c'est important de réaliser que c'est la bonne chose à faire, mais c'est une question d'avidité et de capitalisme et de durabilité du capitalisme et de la démocratie. Ces thèmes sont tous en jeu dans notre série.
Dominic vit dans une belle maison et semble plutôt à l’abri des effets de certaines de ses décisions.
Je ne pense pas qu'il puisse se permettre de ressentir ces ramifications. Il fait un calcul avant de conclure un marché et examine le coût global et les avantages, mais il vit dans un monde agréable, c'est un ami généreux pour les gens qui l'entourent et je suppose qu'il a été un bon mari dans le passé. Il n'est pas irrécupérable et il a des gens autour de lui qu'il a bien traités,
Parlez-moi un peu du tournage en extérieur.
J'ai adoré l'énergie de Canary Wharf à Londres, c'était vraiment excitant. Les gens se promènent en costume, très occupés. Nous avons fait les extérieurs là-bas. Le reste du temps, nous étions à Rome dans un vieil entrepôt, converti en étage de la banque, c'est la salle du trading de Dominic. En fait, j'ai passé beaucoup de temps à Rome, c'était bien d’y revenir. Il y a le quartier dans lequel on vit, et puis on a l'occasion d'aller dans les musées, de sortir et de manger de la bonne nourriture. Il y a toujours quelque chose à faire. Et c'est aussi bien d’aller dans la campagne les jours de congé parce que l'énergie de la ville est tellement intense et excitante. La campagne est magnifique. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir un bel équilibre en termes de travail et de congé. Ma fille a pu me rejoindre et nous avons pu explorer la ville, les musées et l'histoire ensemble, ce qui a été une expérience vraiment mémorable pour nous deux. Fabuleux, fabuleux.
Pouvez-vous nous parler un peu du "look" de Dominic ?
Tout, des cheveux aux vêtements, a été très important pour trouver le personnage. Une fois que vous avez bien compris, c’est vraiment facile d’entrer dedans. Il s'agissait de faire en sorte que tout était en place et pas déplacé. L'apparence a été très importante. Beaucoup de costumes ont été faits à la main par un vieil homme en Italie ; ça a été vraiment un processus amusant parce que beaucoup de ces hommes de la finance, qui travaillent à ce niveau, ont des costumes très bien faits sur mesure pour eux. Il s'agit moins de l'argent et d'être tape-à-l'œil que du pouvoir.
Comment vous êtes-vous entendu avec vos partenaires ?
Ça a été fantastique de travailler avec Alessandro, très concentré. Nos scènes étaient très intenses, mais c'est un acteur très chaleureux, très généreux, très drôle et passionné. Je l'ai vraiment apprécié tout au long du tournage. Et le cast en général, nous sommes devenus très proches parce que nous étions en "vacances" ensemble à Rome. Il y avait une très bonne ambiance sur le plateau et nous nous sommes beaucoup soutenus les uns les autres. Cela faisait partie de la culture de se réunir et d'organiser des dîners en grand groupe.
Vous allez donc retravailler en Europe ?
Absolument. J'adore l’Europe. 2020 a été la plus longue période que j'ai passée hors d'Europe en plus de 15 ans, ça a donc été une année difficile dans le sens où j’ai été confiné et que je n’ai pas pu voyager.
Pensez-vous que nous avons besoin d'agitateurs comme Sofia pour trouver des informations et demander des comptes aux banquiers ?
Je pense qu'il y a tellement de méfiance dans le monde en ce moment, et les démocraties sont vraiment fragiles. Je trouve aussi que la désinformation dans les médias sociaux est devenue incontrôlable. Il doit y avoir des freins et des contrepoids. On voit aux États-Unis à quel point cela peut être dangereux et difficile. Je n'avais pas réalisé à quel point la démocratie était fragile avant les élections. Et regardez ce qui se passe en Angleterre, la division qui se produit avec le Brexit. Je pense vraiment que nous sommes dans une période d'agitation. Nous sommes confrontés à des questions environnementales vraiment effrayantes et si nous ne nous en occupons pas, cela va impliquer une migration massive, ce qui va mettre beaucoup de pression sur certains pays qui constatent déjà le phénomène. Et à cause du désastre financier du Covid-19, nous voyons que beaucoup de gens ont faim en ce moment. Nous avons donc beaucoup à faire et ce sera difficile.
Il y a une réplique dans Devils qui dit que l'arme la plus puissante du monde n'est pas les armes, mais la finance. Êtes-vous d'accord ?
Je pense que c'est l'argent, et le pouvoir. C'est le contrôle et l'argent aide à avoir du contrôle. Vous savez, je trouve facile de généraliser en disant que tous les banquiers sont mauvais. Je ne pense pas que ce soit vrai. Je pense que cela dépend de la culture de l'entreprise, quelle qu'elle soit, qui vient du leadership bien sûr.
Après avoir terminé la première saison, avez-vous de l'admiration pour leur éthique professionnelle ?
Vous voyez beaucoup de gens qui font de grands changements dans leur vie, après leur carrière terminée, parce que cela consume leur vie. Beaucoup de gens dans la quarantaine et la cinquantaine réussissent et atteignent leurs objectifs, puis ils changent de profession. C'est un mode de vie très lucratif, mais je pense que ça a un prix. source