La série commence par la rencontre entre Harry Quebert et Nola, sur cette plage où elle danse sous la pluie. Une entrée en matière un peu plus douce que le roman. Mais tout de suite viennent les téléphones angoissés de madame Cooper, qui dit voir une jeune femme en rouge poursuivie par un homme dans la forêt. Puis son assassinat.
L’adaptation du roman de Joël Dicker démarre en trombe, et le premier épisode évolue plutôt vite dans l’intrigue, allant entre autres jusqu’à la nuit passée au motel par l’écrivain attendant la jeune femme. Un procédé, sans doute, pour poser le cadre général et mieux ferrer le passant.
Il y a du métier dans cette mise en images, depuis le travail des scénaristes Lynnie Greene et Richard Levine, jusqu’à un montage mesuré, en passant par la réalisation léchée de Jean-Jacques Annaud et la distribution. Sur ce point, les choix sont indiscutables: en Harry Quebert, Patrick Dempsey se révèle impeccable, ténébreux sans excès, central sans parader. Ben Schnetzer est tout aussi crédible en Marcus, jeune fougueux mais présentement amorphe, secoué par l’accusation portée à l’égard de son maître. Dans la peau de l’avocat en état de panique perpétuelle, Wayne Knight en fait des tonnes, c’est de circonstance.
La vérité sur l’affaire Harry Quebert épouse au plus près son roman d’origine. Par l’intrigue, mais aussi par ce ton général, à la fois trépidant et un peu gentil. Un thriller à détours mais sans aspérités. Le travail minutieux de Jean-Jacques Annaud promet un feuilleton un brin vieux jeu, ce qui a aussi son charme. source